Association d'Assistants Familiaux Lorrains

Lu sur intranet memo cd54 : assistant·e familial·e : un métier méconnu et essentiel de la protection de l'enfance

03-03-2026

Découvrez-le et parlez-en autour de vous !

28 JANV. 2026 >

27 FÉVR. 2026

Derrière les chiffres de la protection de l’enfance, se trouvent des femmes et des hommes engagés qui choisissent d’ouvrir leur foyer et leur cœur à des enfants confrontés à de grandes difficultés. Un engagement exigeant, mais profondément humain, qui allie complexité et richesse. Afin de soutenir cette mission essentielle, le Département lance une campagne de recrutement pour ce métier singulier : accueillir durablement des enfants à son domicile. Découvrez cette profession et relayez cet appel autour de vous pour faire naître de nouvelles vocations.

En France, plus de 71 800 enfants confiés à l’Aide sociale à l’enfance (ASE) vivent aujourd’hui au sein d'une famille d’accueil, représentant 35% des enfants pris en charge. Derrière ces chiffres se cache une réalité préoccupante : le métier d’assistant·e familial·e (ASSFAM), essentiel à la protection de l’enfance, fait face à de fortes difficultés de recrutement et à une baisse continue des effectifs. Au sein du Département notamment, le nombre de professionnels exerçant ce métier est passé de 319 en 2019 à 254 en 2024, d'où cette campagne de valorisation du métier.

Un métier qui s'apprend par proximité

Contrairement à d'autres professions, on ne devient pas assistant·e familial·e par hasard ou après un parcours scolaire classique. La majorité des personnes découvre ce métier par leur entourage : une mère, une voisine, une amie qui exerce déjà. L'âge moyen d'entrée dans la profession est de 40 ans, et il s'agit d'un engagement généralement envisagé sur le long terme, souvent jusqu'à la retraite.

Une profession très largement féminine

La profession est très féminisée : environ 9 assistants familiaux sur 10 sont des femmes, avec un âge moyen de 54 ans et un net vieillissement des effectifs. Les moins de 45 ans ne représentent que 16% des effectifs.

Des conditions de travail particulières

Le métier d'assistant·e familial·e ne ressemble à aucun autre. Ces professionnels travaillent 24h/24 depuis leur domicile. C’est avant tout un projet de famille : vie privée et vie professionnelle se mélangent constamment. Le conjoint participe souvent aux tâches éducatives et les enfants de l'assistant·e familial·e partagent leur quotidien avec les enfants accueillis.

Les spécificités du métier

Un travail permanent sans horaires fixes

Une rémunération qui varie selon le nombre d'enfants accueillis (de 900€ à 3 800€ nets par mois)

Des congés nécessitant la recherche d'une famille relais pour chaque enfant

La possibilité du retrait de l'enfant du jour au lendemain

Une professionnalisation progressive

Depuis la loi de 2005, le métier s'est considérablement professionnalisé :

  • Formation obligatoire de 300 heures
  • Création d'un diplôme d'État (27 500 personnes diplômées entre 2006 et 2023)
  • Meilleure intégration dans les équipes socio-éducatives
  • Participation aux réunions concernant les enfants accueillis

Les assistants familiaux apprécient particulièrement ces formations qui leur permettent de mieux comprendre le système de protection de l'enfance et d'échanger avec leurs pairs.

Un équilibre à trouver

Le principal défi de ces professionnels ? Trouver le bon équilibre entre attachement affectif et distance professionnelle. Comment ne pas s'attacher à un enfant que l'on élève pendant des années ? Comment accepter qu'il reparte du jour au lendemain ?

Les assistants familiaux doivent trouver comment accueillir l'enfant "comme le leur" tout en gardant à l'esprit qu'il n'est que "de passage". Beaucoup évoquent une véritable "vocation" plutôt qu'un simple emploi.

Article de presse sur la 2e matinale des Métiers de l'humain qui s'est tenue à Mexy le 22 janvier