Aide sociale à l'enfance : un parcours de soins renforcé entre en vigueur
11-05-2026
Un parcours coordonné renforcé dédié aux jeunes de l’aide sociale à l’enfance
Selon des données établies par un rapport dédiée à l’Aide sociale à l’enfance (ASE), les enfants victimes de violences intrafamiliales passés par l’ASE perdent en moyenne vingt ans d’espérance de vie. Or, seuls 30 % d’entre eux bénéficient d’un bilan de santé à leur admission et ils ne sont que 10 % à avoir un suivi médical. Pour corriger cet état de fait et alors que l’indigence de l’ASE a été régulièrement dénoncée, un nouveau « parcours renforcé » spécifiquement dédié aux jeunes relevant de l’ASE vient d’être créé par un arrêté, dont la publication a été saluée par Stéphanie Rist, ministre de la Santé.
Aide sociale à l'enfance : un parcours de soins renforcé entre en vigueur
PUBLIÉ LE 27/04/2026
Inspiré d’expérimentations concluantes, le parcours Enfance protégée prévoit que les mineurs et jeunes de moins de 21 ans pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance puissent avoir un bilan de santé complet et un accès facilité à des soins de santé mentale.
Les jeunes suivis par l'Aide sociale à l'enfance (ASE) vont pouvoir bénéficier sur l'ensemble du territoire d'un parcours de soins « coordonné » et « renforcé », qui inclut un possible remboursement de soins précoces en santé mentale, selon un arrêté publié samedi au Journal officiel.
Ce parcours Enfance protégée, inspiré de deux expérimentations (portées par la Pr Céline Gréco) et déployé sur trois ans, bénéficiera à des mineurs et jeunes majeurs de moins de 21 ans placés ou suivis dans leurs familles, ainsi qu'à des jeunes anciennement suivis et inclus dans ce parcours jusqu'à un an après la fin de leur prise en charge par l'ASE.
« Les enfants et adolescents pris en charge au titre de la protection de l'enfance constituent une population particulièrement vulnérable », avec « un état de santé plus dégradé », souligne le cahier des charges du parcours, annexé à l'arrêté.
Chez ces jeunes, il est notamment observé « la fréquence d'insuffisances pondérales ou de surpoids, un parcours souvent marqué de pathologies, de traumatismes et d'hospitalisations et un fréquent besoin de prise en charge psychologique ainsi qu'une surreprésentation des situations de handicap ». Selon un rapport parlementaire publié en avril, les jeunes de l'ASE ont aussi une espérance de vie inférieure de 20 ans aux autres jeunes.
Pourtant leur accès aux soins peut être difficile, avec des parcours de soins mal coordonnés et une offre de soins adaptés pas toujours suffisante, notamment en santé mentale. Alors qu'ils représentent la moitié des hospitalisations en pédopsychiatrie, seuls 30 % de ces enfants bénéficient d'un bilan de santé en arrivant à l'ASE et moins de 10 % d'un réel suivi de leur santé.
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Redonner du souffle à la protection de l’enfance
Avec le nouveau parcours, « chaque enfant protégé aura un bilan de santé complet » dès sa prise en charge par la protection de l'enfance, « un accès à des soins de santé mentale, un suivi continu et un accompagnement sans rupture », a promis la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, lorsqu'elle a annoncé cette mesure mi-novembre. Son cabinet avait alors évoqué un arrêté en janvier.
Outre un bilan de santé et de prévention, somatique et psychique, effectué par des généralistes ou pédiatres principalement, le parcours prévoit que des interventions en soins précoces en santé mentale (psychologues, psychomotriciens, ergothérapeutes) prises en charge par l'Assurance-maladie seront possibles. Des structures départementales, sélectionnées par les agences régionales de santé via un appel à candidatures en concertation avec les conseils départementaux, seront chargées de coordonner les soins.
Depuis 2022, plus d'une dizaine de rapports ont dressé le constat d'une Aide sociale à l'enfance à bout de souffle, aux conséquences désastreuses pour les enfants et adolescents concernés, avec des parcours de santé et scolaires chaotiques. D’où l’indignation exprimée fin février par le secteur et les élus qui ont craint un abandon des promesses, alors que le projet de loi sur la protection de l’enfance n’était plus inscrit à l’agenda législatif. En réponse, la ministre avait assuré qu’un texte, élargi à tous les jeunes et non seulement à ceux relevant de l’aide sociale, devrait être dévoilé en Conseil des ministres mi-mai en vue d’une adoption avant la fin du quinquennat.
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