Association d'Assistants Familiaux Lorrains

Les assistants familiaux mis en difficulté à la réunion ils sont 850 assistants familiaux à la réunion. ils accueillent à leur domicile environ 2 200 enfants placés par les services sociaux. ils ne sont ni formés, ni préparés à recevoir certains jeunes ca

08-06-2026

Pauline Yebo est assistante familiale depuis 2024. À la suite de son agrément pour 3 places, elle a reçu une proposition d’accueil d’un enfant en situation complexe. Il souffre d’un trouble du développement neurologique à la suite d’un syndrome d’alcoolisation fœtale (SAF). Face à ce handicap, elle n’est pas en mesure de refuser, même si elle n’a ni la formation, ni le milieu adapté. Elle estime que cette situation est une mise en danger du jeune arrivant, ainsi que des deux autres qui sont déjà avec elle. Ce jeune aurait dû être placé dans une structure de type Institut Médico-Éducatif (IME).

Des situations critiques qui ne sont plus exceptionnelles

Elle a dû faire face aussi au placement d’un jeune souffrant d’un cancer. Son domicile s’est transformé en lieu d’hospitalisation à domicile. D’autres cas sont plus problématiques. Elle a dû accepter de prendre chez elle un schizophrène, ou encore un jeune ayant des troubles d’ordre sexuel. Elle a même été agressée physiquement par une jeune de 15 ans, un incident qui a été reconnu comme accident du travail. Pour ces cas parmi les plus extrêmes, elle a demandé le déplacement des jeunes vers d’autres familles, ou des structures plus adaptées. Malheureusement, ce sont toujours les mêmes profils qui lui sont proposés.

« On est au bas de l’échelle, on n’est pas écoutés et c’est nous qui faisons le plus gros du travail. »

Pauline Yebo, assistante familiale depuis 2024 · ©Réunion la 1ere

Une administration qui met la pression

Pire, alors qu’elle n’est agréée que pour 3 enfants, on lui demande d’en accepter ponctuellement un, deux, voire trois de plus, en mettant deux enfants dans une même chambre. Elle obtient alors une dérogation en attendant que ces enfants soient placés ailleurs. Face aux difficultés signalées aux services sociaux du Département, il leur est rappelé que l’accueil des jeunes se fait de zéro à vingt et un ans, sans condition. Même s’ils ont le droit de refuser trois fois les placements, les assistants familiaux sont montrés du doigt par leur hiérarchie qui n’hésite pas à leur mettre la pression. Ils sont désemparés devant ces situations.

Par

Laurent Figon,

Precilla Etheve

Les assistants familiaux mis en difficulté à La Réunion